Lisez l’interview de Lina danseuse et professeur diplômée d’état

Lisez l’interview de Lina danseuse et professeur diplômée d’état

Résumer Lina en quelques mots est une tâche ardue. Née d’un père juif égyptien et d’une mère belge, Lina est, parmi les danseuses orientales européennes, l’un des plus forts symboles de la richesse du brassage des cultures. Cette magnifique danseuse, chorégraphe de la Compagnie Roses des Sables et professeur de danse orientale, a acquis une maturité artistique qui lui permet d’exprimer  toute sa sensibilité et son émotion au travers de spectacles alliant richesse et sensualité. Baignée dans la culture orientale, Lina porte aussi un message aux femmes de toutes origines. Rencontre avec une artiste aux milles facettes…

Lorsque l’on lit votre blina danseuse et professeuriographie, on est frappé au premier abord par la richesse de votre héritage culturel.

Lina. En effet, ma mère est d’origine belge (Marie-Pierre Van Marcke de Lummen) et mon père juif égyptien (Elie Brakha). Depuis toute petite, j’ai grandi, non pas entre deux cultures, mais avec deux cultures. À travers l’héritage culturel de mon père, j’ai  découvert l’incomparable Samia Gamal, la musique de Farid El Atrach, la voix de Oum Kalsthoum et grâce à ma mère qui avait pratiqué la danse classique, la danse occidentale. Dès que j’ai commencé à danser, j’ai su que, grâce à la danse, je pourrai exprimer ma personnalité. Cet art a guidé ma vie et mes choix dès mon plus jeune âge. A 8 ans, je savais que je serai danseuse. Après des années de travail du jazz, des danses africaines et de la salsa, j’ai enfin redécouvert ma culture d’origine, la danse orientale.  J’ai concentré tout mon travail de danseuse autour de la danse orientale en travaillant avec des maitres égyptiens comme Ashraf Hassan mais aussi plus récemment avec Assia Guemra, grande danseuse orientale contemporaine. Cela me permet d’enseigner la danse mais aussi de créer de nombreux spectacles chorégraphiés avec ma compagnie de danse Roses des Sables.

Dans vos spectacles, vous avez toujours à cœur de défendre les droits de la femme et de porter les voix des femmes du monde entier. Pourquoi cet engagement ?

Lina. La danse orientale est l’essence même de la féminité. C’est pour cela que dans de nombreux pays, cette danse est interdite. J’ai envie que ma passion serve aussi la cause des femmes, que je puisse faire entendre la voix des femmes orientales et changer l’image que l’on peut avoir d’elles. Ce sont des femmes qui cultivent des valeurs éternelles comme la solidarité et l’amour. Tout comme les autres femmes dans le monde. Je n’oublie pas celles qui ne sont pas forcément contraintes de porter un tchador mais qui sont humiliées, meurtries par les coups, violées. Avant chaque spectacle de ma compagnie ou de mon école de danse, je demande à mes danseuses de danser pour  toutes ces femmes qui n’ont pas le droit de danser. J’ai d’ailleurs créé un conte dansé autour de ce thème, « le voyage de Yasmina ». Une jeune fille aussi belle qu’intelligente va devoir entreprendre un long voyage dansé, qui la conduira, non pas devenir la femme du sultan mais reine d’elle-même.

Comment expliquez-vous le succès de la danse orientale depuis quelques années ?

Lina. Pendant longtemps, cet art à part entière a eu – et a encore dans certains pays – une « mauvaise» réputation, que ce soit dans les pays orientaux ou dans les pays occidentaux. Or c’est un art ancestral, pratiqué par les femmes, entre femmes, et qui, loin des clichés de la danseuse du ventre de restaurant, nécessite une technique et un travail incessants. À travers la danse orientale, les femmes peuvent s’exprimer, se réconcilier avec  leur corps et quelque part leur éternel féminin. Les femmes aiment danser la danse orientale car les codes ne sont pas ceux des magazines de mode. Le cours de danse orientale devient un espace de liberté où tous les corps sont beaux et où nous retrouvons la solidarité et le partage si chers aux orientaux. Dans mes cours, c’est aussi un espace de tolérance et de richesse car mes élèves sont aussi bien des métisses africaines que des juives d’Afrique du Nord, des niçoises, des parisiennes « pure souche », etc.

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